La maladie s'installe. Au début, on s'en arrange. On pallie, on passe tous les jours. On organise les aides. Puis vient le moment où rester seul chez soi peut devenir dangereux, alors qu'entrer en EHPAD n'a pas encore de sens.
À ce moment-là, les familles découvrent que d'autres portes existent, mais qu'elles se referment justement quand l'autonomie baisse. Résidences autonomie, colocations entre seniors : elles accueillent des personnes qui vont encore bien. Il reste alors deux solutions, qui ne conviennent ni l'une ni l'autre. Et c'est souvent l'épuisement de l'aidant qui finit par trancher.
Entre ces deux derniers chiffres, il y a des dizaines de milliers de familles qui n'auront pas de solution. Et ce n'est pas une prévision : les personnes concernées sont déjà nées.
Ni une résidence autonomie, ni un établissement médico-social, ni le domicile. La place est entre les trois
Huit habitants, et deux chambres d'amis pour les proches en visite. Une maison, pas un service.
Ce n'est pas une idée, ce n'est pas un marché : c'est un cadre prévu par la loi
Ce type de lieu porte un nom dans la loi française, l'habitat inclusif. Il a été créé pour répondre exactement à ce manque. Quatre choses le définissent :
- Chacun est locataire chez lui. Le logement est sa résidence principale, pas une chambre dans un établissement. Il garde son bail, ses droits, ses clés.
- Un choix, pas une orientation. On n'y est pas placé, on y emménage, comme dans n'importe quel logement.
- Les espaces et la vie se partagent. Repas, courses, jardin, visites : c'est un projet de vie sociale et partagée, écrit avec les habitants.
- Quelqu'un fait tourner la maison. Une coordinatrice ou un coordinateur de vie partagée anime le quotidien, règle ce qui doit l'être et fait le lien avec les familles.
Et ce que ce n'est pas
C'est là que se joue la différence avec un établissement médico-social. Et elle se voit tous les jours.
- Personne ne choisit vos soignants à votre place. Vous gardez votre médecin traitant, votre infirmière, votre kiné, votre service d'aide à domicile. Emménager ne vous fait changer de praticien.
- Il n'y a pas d'équipe soignante attachée au lieu. Les professionnels viennent chez vous, comme ils venaient avant. Ils ne dépendent pas de la maison.
- Vos droits restent ceux du domicile. Les aides suivent la personne et ce qu'elle a décidé avec son plan d'aide, pas un forfait rattaché à un établissement.
Rien ne change du côté des soins. Ce qui change, c'est qu'on ne vit plus seul.
Alors pourquoi ce lieu n'existe-t-il pas déjà ?
Tout est prévu, sauf l'argent
Le cadre existe depuis 2018. La loi ELAN a créé l'habitat inclusif et en a fixé les règles. Rien n'est à inventer.
Et la loi demande d'en construire. Depuis 2024, les départements doivent soutenir le développement de l'habitat inclusif et l'inscrire dans leur plan de l'habitat. Ce n'est pas notre idée, c'est une politique publique.
Mais les budgets ne suivent pas. Les aides prévues dépendent de finances départementales aujourd'hui saturées. Et aucune d'elles ne sert à acheter les murs.
Les chiffres de la CNSA le montrent sans commentaire. Dans l'Hérault, 24 habitats inclusifs étaient programmés en 2024, contre 23 deux ans plus tôt. Sur la même période, la France est passée de 1 885 à 2 288, et le Gard voisin de 16 à 28.
Le problème est simple. Il faut d'abord un lieu, un bâtiment à acheter ou à transformer, avant même qu'un seul habitant n'emménage. Et personne ne finance cette première marche.
Nous avons arrêté d'attendre qu'elle soit financée d'en haut.
Un projet qui appartient à ceux qui en ont besoin
Nous ne cherchons pas des investisseurs à rémunérer. Nous voulons construire ce lieu avec les familles, les voisins, les professionnels, et tous ceux qui ont envie de le voir exister près de chez eux.
Le projet vous appartient également. Nous cherchons des sociétaires pour lui donner vie, et votre avis compte sur la façon dont on y vivra. Pas besoin d'habiter l'Hérault : on peut y croire depuis l'autre bout de la France.
Les bases de la structure existent, mais le projet ne peut pas avancer sans avoir trouvé de lieu.
Avant même les murs, c'est un collectif que nous voulons réunir : des passionnés aux compétences diverses, qui portent ce projet avec nous.
Contactez-nous si ce projet vous parle.
Pour aller plus loin
- Les chiffres en détailCe que disent les rapports publics sur le vieillissement et le manque de solutions.
- Comparer les solutionsDomicile, résidence autonomie, résidence services, EHPAD, habitat partagé.
- Le lieu que nous cherchonsTerrain, bâtiment à réhabiliter : ce que nous cherchons dans l'Hérault.
- Pourquoi ce projetL'histoire qui est à l'origine des Jardins de Célestine.
Sources Stratégie nationale Bien Vieillir (2023) pour le souhait de vieillir chez soi. Rapport Piveteau-Wolfrom (2020) pour l'objectif de logements à créer. Caisse des Dépôts pour le nombre de places existantes. Loi ELAN du 23 novembre 2018, article 129, pour la définition de l'habitat inclusif. Loi du 8 avril 2024 portant mesures pour bâtir la société du bien-vieillir et de l'autonomie, pour le soutien au développement de l'habitat inclusif par les départements. CNSA, programmation et suivi des habitats inclusifs par département, pour le nombre d'habitats programmés (données 2024, consultées le 1er octobre 2026). Il s'agit de programmations validées et non d'ouvertures effectives.
