Chaque carte montre un lieu vide et pose un détail. On regarde, on parle si on veut, et on passe à la suivante quand on veut.
Pour l'accompagnant
À glisser dans un silence qui gêne, pas à dérouler. Une séance où l'on n'en utilise aucune est une bonne séance.
Avant de commencer
- Ce n'est pas un soin. « It should not try to resolve either past or present problems ; it is not therapy, even if it might be therapeutic » (revue NIHR sur le life story work). Aucune mesure, aucune comparaison, aucun compte rendu.
- Quand s'abstenir. Agitation importante le jour même. Troubles de la vue ou de l'audition non corrigés : on corrige d'abord. Démence liée à l'alcool. Et en groupe, antécédents de violences ou de stress post-traumatique connus (Fondation Médéric Alzheimer, fiche réminiscence 2024).
- Attention au proche qui accompagne. C'est le point que personne n'affiche et il est documenté : dans l'essai REMCARE (488 personnes), les aidants engagés dans un dispositif de réminiscence long rapportent une hausse significative de l'anxiété, et « carers attending more groups showed increased care-giving stress ». D'où le format court, sans objectif, qu'on peut arrêter à tout moment.
- Les relances sont facultatives. Elles sont là si le silence s'installe et gêne, pas pour être déroulées. Une séance où l'on n'en utilise aucune est une bonne séance.
Les cinq règles
- On apporte, on ne réclame pas. La carte donne un détail ; elle ne demande pas de le retrouver. Devant des images génériques, les personnes racontent « quite detailed and emotional stories of personal significance » ; devant des photos de famille, presque rien, parce que la photo de famille fonctionne comme un test (Astell 2010, repris par BMC Geriatrics 2023).
- On ne corrige jamais. Ni la date, ni le nom, ni le lieu. « Évitez de tester la mémoire », « évitez d'obstiner » (CIUSSS de la Capitale-Nationale, document destiné aux proches).
- Une carte sans réponse se repose, et on n'y revient pas. La HAS le pose noir sur blanc pour le recueil : « Respecter ainsi le résident dans son intimité et son choix de ne pas vouloir aborder certains points », et « savoir accepter que le résident n'ait pas de demande ».
- On s'arrête quand la personne s'arrête, pas quand le paquet est fini. « Ne surtout pas chercher à recueillir en une seule fois tous les éléments » (HAS). Trois cartes valent mieux que douze.
- Ce qui se dit appartient à la personne. Rien n'est noté, transmis ni conservé sans son accord, aujourd'hui comme plus tard. Le reproche fait à trente trames de récit de vie analysées en 2024 est justement qu'aucune ne dit à qui appartient le récit (Möllergren & Harnett, Dementia).
Ce n'est pas un soin et ça ne remplace rien. C'est une activité de loisir. Rien de ce qui se dit n'est enregistré par cette page : elle ne collecte rien, ne conserve rien et ne transmet rien.